La Quintina, pourquoi ce titre ?

Introduction :

 

Évoquer la transformation des comportements dans les organisations, puis la placer en perspective avec les enjeux du XXIe siècle, c’est souligner que quelque chose pourrait être amélioré. C’est mettre en exergue qu’une grande majorité d’individus, quand ils sont supposés fonctionner ensemble au sein d’un groupe, n’y parviennent pas. C’est alors tenter de décrypter pourquoi. Mais d’une manière différente, de celle que nos habitudes nous enjoignent à le comprendre. Sinon quel intérêt ?

 

Nous pourrions expliquer cette façon d’aborder ce sujet autrement, en

prenant comme métaphore, l’exemple de chants polyphoniques de

Sardaigne. Ils sont donnés par un choeur de quatre hommes. Ils possèdent chacun une voix différente. Mais quand ils chantent ensemble, une cinquième voix apparaît, la Quintina. Elle est présente, mais il n’y a pas de cinquième interprète ! Que se passe-t-il donc ? Ce sont les harmoniques émises par chacune des quatre autres voix qui, lorsqu’elles s’accordent ensemble, construisent cette cinquième voix. Le phénomène est curieux, mais bien réel.

 

Il faut une certaine technique vocale pour étendre le spectre des sons

que nous produisons. Elle allie un travail sur le corps, sur les émotions, sur les pensées. Un approfondissement qui vient toucher notre être.

Il donne de la sérénité, du calme intérieur, une maîtrise du souffle et de la colonne d’air. Elle part de notre périnée pour arriver jusqu’à notre bouche et notre fontanelle. Au final, cette découverte et l’apprentissage de cet instrument qu’est notre propre voix, nous ouvrent sur le regard de qui nous sommes.

 

Mais lorsque ces harmoniques doivent s’adapter à d’autres chanteurs, ce sont de nouvelles qualités qui vont se révéler utiles : l’écoute et

l’observation d’autrui, l’empathie. L’envie de nous ajuster. L’enthousiasme à nous rencontrer. Il permet aux musiciens de s’accorder ensemble, pour générer de l’harmonie.

 

Des scientifiques ont compris le fonctionnement de ce phénomène en

mesurant toutes les fréquences émises par chacune des voix de ces

chanteurs. Dans chacune d’entre elles, il y a des sons que nous entendons.

 

Il existe aussi des sons que nous émettons, chacun de nous, mais que nous ne remarquons pas forcément. En apparence, ils sont invisibles. Mais ils donnent au son une richesse de timbre et d’ampleur.

De la même manière, nous possédons un corps, une parole et un esprit.

 

Lorsque nous agissons, une partie de nos actes sont visibles. Une autre partie de nos actes sont invisibles. Les actes visibles, ce sont nos décisions et nos actions. Ce sont, au travers d’elles, nos qualités et nos défauts, nos vices et nos vertus qui s’expriment : ceux qui transpirent de toutes nos décisions et de toutes nos actions, comme nos non-actions et nos non-décisions.

 

Mais d’autres parties de nous sont aussi visibles de l’extérieur : quelles sont-elles ? Ce sont nos états d’âme et nos émotions. Ils existent pour nous et en nous. Au point qu’ils constituent notre vérité. Mais existent-ils à l’extérieur de nous, autrement que par la perception que les autres en ont ?

 

Ils peuplent nos vies et notre quotidien. Ils sont profondément emmêlés à nos décisions et à nos actions. Parfois ces dimensions invisibles résonnent ensemble. Lorsque c’est le cas, nous nous sentons bien. Mais ces états sont fluctuants, au gré des situations et des circonstances que nos vies nous donnent à vivre, et qui nous font réagir.

 

Et puis, il existe d’autres parties de nous qui sont invisibles de

l’extérieur. Elles créent le mystère et la singularité de chaque être. Ce sont les zones émergées de l’iceberg. Nos sensations, nos pensées, nos

aspirations, nos intuitions, nos motivations, ou encore nos intérêts font partie de ces dimensions cachées.

 

Autant les états d’âme et les émotions ont des résonances basses. Autant elles, sont déjà plus élevées. Elles sont le fruit de notre éducation, de comment le monde nous a été appris par nos parents, par nos maîtres.

Elles sont le fruit de notre expérience. Elles constituent une grande partie de notre relation au monde.

 

Et puis il existe des parties de nous, elles aussi invisibles, mais plus

intérieures. Elles se situent encore plus haut en termes de fréquences. Ce sont nos valeurs : le partage, la confiance, le respect de l’autre…

Et puis, plus profond en nous, se logent les vertus : l’amour, la

générosité, la bonté… Elles viennent donner un sens à toutes les parties de nous qui sont invisibles. Elles orientent celles qui sont visibles : nos décisions et nos actions. Elles communiquent de l’épaisseur à nos qualités, mais aussi à nos défauts. Quand elles sont omniprésentes, ces qualités nuisent à elles-mêmes.

 

Ces vertus existent en nous. Mais parfois elles sont mélangées à nos

vices, à nos peurs, à nos désirs. Par notre confusion et notre difficulté à bien les cerner en nous, elles alimentent notre ignorance, nos illusions,

notre négativité, et même notre « défensivité ». Elles sont des facteurs

mentaux : ils peuvent tout aussi bien devenir positifs que négatifs, ou rester neutres.

 

Enfin, il existe un chapeau à ces parties de nous qui sont invisibles. Il est constitué de l’intention avec lesquelles nous décidons de faire, ou de ne pas faire. D’agir, ou de ne pas agir. Ce chapeau fait le lien avec ces vertus, avec nos qualités. Ces dernières peuvent être un peu théoriques, surtout quand nous les découvrons, tout au long de notre apprentissage de la vie, de notre maturité, de notre conscience. Il fait le pont avec tout le reste, négativité et positivité. Il va influencer sur ce que nous faisons. Mais aussi et surtout, comment nous le faisons. C’est-à-dire dans quelle perspective nous agissons : nos intentions !

 

Apprenons à mettre de l’ordre dans toutes ces parties invisibles.

Expérimentons de les faire fonctionner à l’unisson avec les parties de nous qui sont visibles. Lorsque nous parvenons à clarifier ces intentions, si nous arrivons à décider consciemment pourquoi nous agissons. Puis, comment nous choisissons de le faire. Notamment, quand nous sommes en accord entre nos intentions, nos valeurs, nos motivations, nos intérêts. Alors nos décisions sonnent juste. Nos actes aussi. Alors, notre être se met à résonner, et nos propres harmoniques apparaissent : c’est l’harmonie qui émane de nous.

 

Lorsque ce travail de clarification, déjà réalisé individuellement par des personnes qui se regroupent. Qu’elles veulent faire des choses ensemble, alors se produit un fonctionnement différent de notre manière habituelle de fonctionner. Il fait naître cette Quintina.

 

Comment comprendre le fonctionnement des êtres dans cette situation particulière, au regard de ce fonctionnement habituel que nous connaissons ?

 

Quelles raisons feraient que cette harmonie pourrait s’élever dans notre monde actuel ?

 

Quelles conditions et circonstances font naître cette balance en nous et au sein des autres membres du groupe, pour rendre possible la naissance de cette Quintina, avec nos congénères ?

 

Enfin, comment comprendre pourquoi, et quelles sont les causes, apparentes et réelles, qui font que cette Quintina n’apparaît désespérément pas ?

 

Tel sont les sujets que nous allons découvrir.

Un processus itératif

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